Citad’El Tango – 3ᵉ édition.
Chronique d’un festival où l’on danse à hauteur d’émotion
Il y a des événements que l’on ne traverse pas par hasard.
La 3ᵉ édition du festival Citad’El Tango en fait partie.
En entrant dans la citadelle, j’ai immédiatement senti que quelque chose se jouait là, au-delà de la danse. Une atmosphère particulière, faite de musique, de regards, de silences et d’attentes. Le tango s’installait, doucement, dans les corps comme dans les esprits.
L’étreinte comme point de départ
Ce que je remarque toujours en premier, c’est l’étreinte.
Avant même le premier pas, avant la musique parfois, il y a ce moment suspendu où deux personnes se rencontrent vraiment. L’abrazo n’est jamais anodin. Il dit la confiance, l’écoute, l’intention.
En observant, et en photographiant, ces danseurs, j’ai vu des histoires se raconter sans un mot. Des corps concentrés, des gestes précis, des respirations synchronisées. Le tango ne cherche pas à impressionner, il cherche à relier.
Une lumière, des émotions
Le festival vit différemment selon l’heure du jour.
En journée, la lumière naturelle éclaire les mouvements, révèle les détails, rend les échanges presque ordinaires, et pourtant profondément sincères.
Le soir venu, tout change. Les lumières deviennent plus chaudes, les couleurs plus intenses. La piste se transforme en un espace intime, presque confidentiel. Les verres de vin circulent, les discussions se murmurent, et la musique enveloppe les danseurs.
Si certaines photos peuvent paraître sombres, c’est un choix artistique pleinement assumé. J’ai volontairement travaillé avec des ambiances contrastées, en jouant sur la lumière et la couleur afin de prolonger l’émotion du tango au-delà du mouvement.
Les teintes chaudes, avec des nuances de rouge, de rouge clair et de jaune, font directement écho au vin, omniprésent durant le festival. Le vin rouge, le vin blanc, les verres partagés, la convivialité… Ces couleurs participent à cette atmosphère enveloppante, presque charnelle, que l’on associe naturellement au tango.
À l’inverse, certaines images sont volontairement plus froides. J’ai souhaité y introduire une forme de légèreté, comme une respiration, une sortie momentanée de cette ambiance dense et passionnée propre à la danse. Ces contrastes permettent, à mon sens, de mieux ressentir la richesse et la diversité des instants vécus durant le festival.
À travers mon objectif, j’ai essayé de capter cette bascule, ce passage du visible à l’émotionnel.
Le tango, une histoire de transmission
Ce que j’aime particulièrement dans ce type de festival, c’est la diversité des danseurs.
Les âges se mélangent, les styles se croisent, les expériences dialoguent. Certains dansent depuis des décennies, d’autres découvrent encore leurs premiers appuis. Et pourtant, sur la piste, tout le monde parle la même langue.
Vous aurez peut-être remarqué également la présence d’une enfant sur certaines images. Dans ces moments-là, il m’a semblé évident de faire émerger des couleurs plus douces, presque sucrées, évoquant l’innocence, la tendresse et une autre forme d’émotion. Une parenthèse délicate, en contraste avec l’intensité du tango, mais qui fait pleinement partie de la vie du festival.
Photographier l’instant juste
Photographier le tango, pour moi, ce n’est pas figer une performance.
C’est tenter de saisir un moment vrai : un regard fermé, une main qui guide, une tension dans un bras, un abandon.
Ces instants sont souvent brefs, presque invisibles. Ils apparaissent puis disparaissent aussitôt. Mais ce sont eux qui donnent au tango sa profondeur et sa beauté.
Ce que je retiens
Je repars de cette 3ᵉ édition de Citad’El Tango avec des images, bien sûr, mais surtout avec des sensations.
Des moments partagés, des silences pleins, des corps en mouvement, et cette impression persistante que le tango, lorsqu’il est vécu ainsi, touche à quelque chose d’essentiel.
Merci aux danseurs, aux organisateurs, et à tous ceux qui ont fait de ce festival un espace vivant et sincère.
À bientôt, sur la piste… ou derrière l’objectif.